Le gouvernement malaisien devrait cesser de s’immiscer dans l’économie de son pays. Le rapport du Conseil national consultatif économique de Malaisie, publié mardi 30 mars, met en évidence le relatif glissement économique du pays depuis la crise asiatique, et accuse, à juste titre, les interventions gouvernementales et les relations de copinage.
Le premier ministre, Najib Razak, dans son discours accompagnant la publication du rapport, a promis d’y remédier. Mais sa position de faiblesse politique permettrait à l’opposition, farouche, d’entraver les réformes tant attendues.
Jusqu’à la crise asiatique de 1997-1998, la Malaisie enregistrait les meilleurs taux de croissance en Asie. Toutefois, à la suite de cette crise, le gouvernement avait imposé un contrôle des capitaux – à contresens de l’avis international – et était intervenu de manière accrue dans l’économie. En conséquence, l’attrait de la Malaisie pour les investisseurs étrangers a diminué : alors que le pays concentrait la moitié des investissements directs étrangers de l’Asie du Sud-est dans les années 1990, il n’en reçoit aujourd’hui qu’un tiers.
La politique malaisienne en faveur de la majorité ethnique des Malais, en place depuis 1971, a également imposé des coûts économiques. Et comme en Afrique du Sud ou dans d’autres pays qui connaissent de fortes politiques de discrimination positive, cela a abouti à la recherche de rentes et de copinage par les membres aisés du groupe favorisé, sans alléger pour autant la pauvreté de ses membres laissés à l’écart.
Privatisations
M. Razak a mis en avant ces problèmes lors de son discours et a promis des solutions. Ainsi, la politique sera modifiée pour se concentrer sur « les besoins et le mérite », plutôt que simplement l’identité ethnique. De plus, un vaste programme de privatisation est annoncé, et des assurances ont été données sur la hausse de l’investissement dans l’éducation et la mise en place de règles du jeu plus équitables pour les investisseurs privés. Néanmoins, la majorité parlementaire du premier ministre est fragile, compte tenu des critères malaisiens, et les groupes ethniques malais protestent déjà.
Avec une balance des paiements très largement excédentaire, une faible inflation, un déficit budgétaire modéré et une bonne croissance, même au cours de la dernière décennie, la situation économique de la Malaisie reste enviable par rapport aux autres pays. Et la proposition d’une plus grande ouverture économique faite par le Conseil consultatif économique aurait pour effet d’améliorer encore cette situation. En revanche, le scepticisme relatif à l’ampleur du changement semble bien justifié.
(Traduit par Séverine Gautron.)
Martin Hutchinson
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